Nous sommes en janvier, peut-être vous êtes-vous lancé dans Veganuary, le mois vegan en français. Ce challenge consiste à opter pour une alimentation 100% végétale pendant un mois. Cette initiative est née en Angleterre en 2014. Alors à bas les produits animaux : fini la viande, le poisson ou les œufs, par exemple. Certains supermarchés en profitent pour promouvoir leurs produits vegan. Comment les producteurs de viande se positionnent-ils par rapport à ce mouvement ? Pour le responsable des productions animales du comité Agrijura, le végétalien est avant tout une tendance : « Il faudrait discuter de la quantité et de la qualité de la viande que l’on consomme au lieu de vouloir arrêter d’en consommer », estime Sylvain Quiquerez, également agriculteur. à Grandfontaine.

Sylvain Quiquerez : « C’est une mode qui profite principalement aux centres commerciaux »

Les produits végétaliens sont promus dans certains magasins. Un supermarché en Suisse a même renoncé, pour la première fois, à la publicité et aux promotions sur la viande ce mois-ci. Pour le président de la section Romande de Suisseporcs, ce type d’action ne pointe pas directement du doigt les carnivores et les producteurs de viande. Gaël Monnerat évoque plutôt une question d’image que certaines marques veulent se donner. Le Jurassien, agriculteur de Mettembert, a l’impression que ce type d’action s’apparente plus à du greenwashing, du greenwashing à la française, qu’à une réelle volonté d’arrêter de vendre de la viande de ces marques.

Gaël Monnerat : « Les grandes enseignes tendent de suivre cette mode de véganisme pendant un mois mais je ne sais pas si ça durera sur du long terme »

Pour le président de Suisseporcs Romandie, le végétalien peut être vu comme un phénomène extrême et stigmatisant : « La consommation de viande fait partie d’une alimentation variée et équilibrée », explique le Jurassien.

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Gaël Monnerat : « Je pense qu’il faut revenir à un certain équilibre »

Le président de Suisseporcs Romandie souligne également qu’une alimentation entièrement végétalienne nuirait à toute la production suisse. Gaël Monnerat explique que la production de viande en Suisse permet de mettre en valeur d’autres produits, comme les sous-produits de l’industrie agro-alimentaire (lactosérum, fromage, etc.) ou les déchets qui finissent dans l’alimentation des porcs. Cela réduit le gaspillage alimentaire, explique-t-il. Le Jurassien souligne également qu’en Suisse, beaucoup de terres sont impropres à la culture car trop escarpées, par exemple. L’élevage de bétail est un moyen de développer ces terres et de produire de la nourriture. « Nous devons tenir compte de toutes les particularités de notre pays pour couvrir notre alimentation », souligne le président de Suisseporcs Romandie. /ech

01.11.2023 – 18:04Mis à jour le 01.11.2023 – 18:23