C’est dommage de passer le 24 décembre sur une civière dans une salle d’urgence surpeuplée avec des huîtres capricieuses… Chaque année, il y a 2,1 millions d’accidents de la main en France, soit 1 toutes les 22 secondes. Et la période des fêtes de fin d’année n’est pas en reste pour les accidents domestiques. La preuve : le centre SOS Parent enregistre un pic de fréquentation en cette période de fête familiale. « La moitié des blessures à la main les plus courantes pendant les vacances sont des blessures au couteau, généralement lors de l’ouverture d’huîtres ou de la coupe de pain, prévient Jean-Maxime Alet, chirurgien de la main et du poignet à l’hôpital privé Saint-Martin de Pessac (Gironde). à cause du verre, tu es fatigué en rangeant, le verre cassé, s’use vite aux doigts ! » C’est pourquoi Notre Temps vous propose 7 conseils pour découper une dinde de Noël en toute sécurité… et réagir au mieux si le couteau glisse.

Découper à jeun

Après deux coupes de champagne à jeun, tu te souviens juste que tu as oublié de couper le pain. Distrait par les discussions familiales et les bulles, le couteau glisse et atterrit sur votre articulation. Pour mettre toutes les chances de son côté pour éviter un accident désagréable, mieux vaut anticiper au maximum, en préparant l’intégralité du dîner avant de se servir un verre. Juste pour profiter d’un dîner arrosé de rouge plutôt que de sang…  » Le principal conseil est de ne rien manipuler de dangereux pendant que vous buvez ! introduit Jean-Maxime Alet. Presque tous les patients que j’ai reçus ont eu un accident domestique en ce moment à l’hôpital. fin de soirée à cause de l’alcool . Tu ne conduis pas en buvant, c’est pareil : tu ne prends pas un couteau en buvant ! »

Déléguer quand c’est possible

Vous avez un peu d’arthrose dans les mains, vous n’avez plus confiance en vos mouvements ? Demandez ou apprenez à votre gendre, votre fils, votre petit-fils, bref la jeune génération, à ouvrir les huîtres. « N’hésitez pas à déléguer à un professionnel dès que possible : boucher pour la viande, poissonnier pour les huîtres et les poisons, ajoute le médecin de SOS Mains de l’Institut de la main d’Aquitaine. Celui qui est plus habitué à manier ces outils et qui dispose d’un matériel plus performant que vous. . « 

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Découper au calme

Et si ce n’est pas possible ? Dans ce cas, arrangez-vous pour couper la viande et le poisson tranquillement, avant que le reste de la famille n’arrive ou pendant qu’ils se préparent. En raison de fréquentes précipitations, la lame a glissé. Évidemment, si vous tranchez votre nourriture pendant que 6 enfants courent autour de la table en hurlant, il y a de fortes chances que le repas se termine mal.

Faire attention au couteau

C’est simple : vous ne pouvez pas le quitter des yeux, même si le plus jeune vous appelle Papy 12 fois de suite. « Si vous voulez le faire vous-même, vous devez bien tenir le couteau dont vous allez vous servir et toujours vous rappeler où va le couteau, conseille le chirurgien. Quand vous ouvrez l’huître, vous arrivez à relever la pointe du couteau toujours vers le haut. » de sorte que s’il glisse, il soulèvera de l’air, pas dans les paumes. » Il existe des protections, des gants, vous pouvez aussi utiliser du tissu. « La limite, c’est que cet appareil va ralentir la dextérité », nuance le chirurgien. Dès lors, à tester pour voir si c’est plus bénéfique que désagréable pour vous. Le matériel est également important. « Il faut aussi avoir un couteau bien taillé, pour qu’il ne dévie pas de sa trajectoire », poursuit Jean-Maxime Alet.

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Bien nettoyer en cas de plaie

Et si l’accident arrivait malgré toutes ces précautions ? L’important est de réagir vite et bien. Parce que même une blessure de 1 millimètre suffit pour atteindre des structures importantes. Premier réflexe : bien nettoyer. L’eau et le savon suffisent. « Habituellement, le simple passage de l’eau enlèvera la plupart des petits morceaux de coquille d’huître qui tiennent dans la main et peuvent s’infecter », a assuré le chirurgien. À l’inverse, la bétadine ou d’autres désinfectants contenant des colorants doivent être évités, car ils interféreront avec l’examen du médecin. Jean-Maxime Alet recommande de conserver dans votre pharmacie la chlorhexidine, un antiseptique « transparent et moins douloureux que les autres » que vous pouvez vaporiser.

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Arrêter le saignement

Deuxième réflexe : couvrir la plaie. « Ça saigne souvent abondamment, mais ce n’est pas forcément signe de gravité, rassure le chirurgien. Alors pas de panique. Toute plaie qui saigne, même avec des anticoagulants, si la pression s’arrête, poursuit notre expert. dur, c’est juste. Il suffit d’un doigt pour appuyer sur une plaie, même artérielle. »

Une fois le saignement arrêté, un pansement standard est appliqué. « L’idéal est d’utiliser des compresses non collantes », conseille le médecin. Soit on applique de la vaseline directement sur la peau abîmée, puis on la bande. Soit des pansements gras, soit même des pansements fermés pour les enfants, tant que la plaie n’entre pas en contact avec le pansement. Si la plaie est grande, vous pouvez la panser, mais toujours avec de la vaseline. En revanche, oubliez d’appliquer une compression directe sur la plaie car « lorsque le sang coagule, il colle à la compresse et est très douloureux à retirer », précise le chirurgien. Même topo pour le coton, mauvais réflexes encore galvaudés. Car ça « colle et se désagrège. Cela va ajouter un objet étranger qui peut être infecté », explique Jean-Maxime Alet.

Consulter pour éviter les séquelles

Comment évaluer la gravité de la plaie ? « Il n’y a vraiment aucun moyen de le dire de manière simple, a regretté le chirurgien. Car de nombreuses lésions sont très difficiles à diagnostiquer. » C’est pourquoi il a assuré qu’il faut consulter quelle que soit la plaie. Au risque de perdre de lourdes conséquences. « C’est très fréquent que les tendons fléchisseurs soient coupés à 70%, donc si tu bouges ton doigt tu penses que c’est bien, mais 15 jours plus tard, le reste du tendon est décollé, et plus compliqué à gérer… charge ! » Toutes les blessures à la main doit être exploré chirurgicalement jusqu’à ce que vous regardiez à l’intérieur, vous ne pouvez pas le dire. »

Devrions-nous simplement laisser la dinde et ses invités et courir aux urgences ? Non, sauf dans deux cas rares. Premièrement : si le sang n’arrive plus jusqu’au bout des doigts. « Ce n’est quand même pas courant : il faut couper les deux artères pour ça », assure Jean-Maxime Alet. Le deuxième cas, assez explicite : si vous ne partez pas les mains mortes et que vos doigts sont au milieu du pain. « Pour préserver le tissu, le doigt doit être maintenu au froid, mais pas en contact direct avec la glace, sinon il va le brûler », a souligné le médecin. Nous avons donc mis les éclats dans un sac en plastique, que nous avons ensuite placé dans un autre sac avec des glaçons. « Tout peut attendre le lendemain ou le surlendemain », a poursuivi le chirurgien.