Alors que s’est-il passé entre le maire de Biars-sur-Cère et son premier adjoint ? Pierre Delpeyroux, leader de l’opposition, dénonce la pratique du premier magistrat…

Par Jean-Claude Bonnemère

Publié le 12 octobre, 22 h 17:43

mis à jour le 13 octobre 22 à 20:46

Alors que s’est-il passé entre le maire de Biars-sur-Cère, Élie Autemayou et sa première adjointe, Marina Daval ? Lors d’un point presse tenu le mardi 11 octobre 2022 à Cahors, Pierre Delpeyroux, chef de file de l’opposition, a exprimé ses interrogations et dénoncé une ambiance délétère au sein du conseil municipal de cette commune.

Selon le bon vouloir du maire…

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vendredi 7 Le 1er octobre 2022, le premier magistrat de Biars-sur-Cère, commune de plus de 2 000 habitants, annonce en conseil municipal qu’il retire toutes ses délégations à son premier adjoint. Dans la foulée, il soumet au vote de l’assemblée s’il doit maintenir l’élue dans ses fonctions de députée. C’est à ce moment que Pierre Delpeyroux, au nom de l’opposition, demande au maire de partager les motivations qui l’ont poussé à prendre une telle décision. « Je suis le maire, c’est moi qui décide et je n’ai pas besoin de me justifier », aurait répondu le premier édile de la ville.

Joint par nos soins, le maire a réitéré sa position et déclaré : « Le maire donne les délégations et les enlève sans avoir à se justifier ; La loi est la loi ! Elie Autemayou est sourd aux questions de l’opposition et s’appuie sur un article du code général des collectivités territoriales, qui indique qu’il n’est pas tenu de « motiver sa décision ». Absolument, mais que s’est-il passé entre le maire de Biars-sur-Cère, Élie Autemayou et sa première adjointe, Marina Daval ? Consternation pour Pierre Delpeyroux et ses quatre colistiers. Dans les rangs de la majorité et de ses 15 élus, motus et gueule. Même Angèle Préville, sénatrice PS du Lot, élue sur les bancs de la majorité, ne dit mot de cet incident, pour le moins insolite. Une situation d’autant plus inattendue qu’il n’y a jamais eu de divergences d’orientation municipale entre le maire et son premier adjoint. « Comment pouvons-nous nous décider dans une telle situation? » demande Pierre Delpeyroux. La question suscite un regain d’intérêt : que s’est-il passé entre le maire de Biars-sur-Cère, Élie Autemayou et sa première adjointe, Marina Daval ? Y a-t-il quelqu’un qui sait? Qui peut dire? Pourquoi un tel silence ? Des spéculations plus ou moins fondées commencent à circuler…

« Je n’arrive pas à comprendre de quoi le maire m’accuse… »

Interrogée par nos soins, Marina Daval se montre réservée. Elle raconte : « D’abord, le maire m’a convoqué à la mairie pour me dire : ‘je retire vos délégations d’adjoints’ et je n’ai pas pu en savoir plus… » L’élu a alors reçu par lettre recommandée, l’arrêté lui notifiant de ce retrait de délégations. Lorsqu’on lui a demandé si elle était au courant de critiques à son égard, Daval a répondu:

« Le maire n’a jamais fait de commentaire sur moi. Au moment de la répartition des responsabilités, j’avais fait valoir que je manquerais de temps pour exercer mes fonctions d’assistant, mais j’ai été obligé de réduire mes heures de travail professionnelles, ce qui me convenait, m’a-t-il dit. J’ai alors limité mon activité professionnelle à 45%, à partir de septembre. »

Daval, joignable par téléphone :

« Quel a été le rythme des réunions de vos adjoints ?

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– « La première année les réunions se tenaient tous les jeudis soirs, cette année le rythme était passé à une ou deux fois par mois, mais depuis juin plus de réunions de députés ».

« Et quant aux réunions du comité, qu’en est-il ?

– « Au début de la période il y a eu quelques réunions de commission, mais depuis l’entrée de l’opposition au conseil municipal, plus rien ! »

« Qu’avez-vous ressenti à l’idée d’être démis de vos fonctions de premier adjoint ?

– « J’aimerais savoir ce que le maire me reproche, j’aimerais avoir compris ses motivations, d’autant plus que j’ai toujours fait ce qu’il m’a demandé de faire. »

L’opposition dénonce le mode de fonctionnement du conseil municipal

— Allez-vous rester au conseil municipal ?

– « Oui, bien sûr, d’autant plus que je suis toujours conseiller communautaire, car pour ce poste je devrais démissionner, ce qui n’est pas dans mes intentions. »

Pierre Delpeyroux dénonce le mode de fonctionnement que le maire a imposé au conseil municipal, en obtenant des votes sans ouvrir le débat. Même réaction de Christophe Espalieu, député de l’opposition, joint par téléphone : « Comment trancher par rapport à la question du maire pour savoir si elle doit garder Mme Daval comme première adjointe, on ne sait pas. Pourquoi est-elle démis de ses fonctions ? « C’est dans ce contexte, pour le moins, que la majorité a voté comme un seul homme, la destitution de Daval de son poste de député et que l’opposition, n’ayant pu obtenir le moindre élément justifiant une telle procédure, a décidé de s’y opposer. Le maire a parlé, le couperet est tombé… Comme si de rien n’était ! « Prochain dossier ! », a poursuivi le maire.

Pierre Delpeyroux dit ne pas être « au fond » surpris par un tel modus operandi. Il précise : « Normalement, le conseil municipal se déroule sans échange de dossiers ; le maire mène l’agenda dans un silence funèbre, et à chaque fois que l’opposition veut poser des questions, il prend contact et par hasard il nous répond, pour bien vouloir nous adresser au secrétariat de la Mairie… Pierre Delpeyroux se plaint de cette façon de opération qui, à ses yeux, se moque de la démocratie en ne laissant pas de place au débat et en ne tenant pas compte de l’opposition. Aussi, sur le site de la mairie, on peut voir que seuls les membres de la majorité ont une photo, les membres de l’opposition n’y ont pas droit. Pierre Delpeyroux poursuit : « Autre exemple, je voulais signaler au maire l’absence d’élu majoritaire depuis l’installation de ce conseil municipal en juin 2020 et lui ai demandé d’envisager de le remplacer, il a répondu que cet élu ne voulait pas de démissionner… » Selon nos informations, cette personne a quitté la commune il y a longtemps. Cependant, il semble que la démission de cet élu obligerait le maire à ouvrir la porte à un membre de l’opposition, « ce qui pourrait être la véritable explication de ce maintien complètement artificiel », a déclaré Pierre Delpeyroux. Il ajoute : « Je dénonce un mode de fonctionnement autocratique, où tout est verrouillé, la majorité totalement bridée et l’opposition moquée. Selon Pierre Delpeyroux, la commune souffrirait par exemple d’une sclérose au sein du conseil municipal, engourdissant le besoin de dynamisme et la capacité d’accueil des porteurs de projets.