Inquiets de l’été, les hôpitaux ont réclamé des mesures d’urgence extraordinaires, notamment des obligations pour les médecins libéraux et une augmentation directe des redevances téléphoniques, des redevances téléphoniques et des indemnités de nuit. Si l’état difficile de l’hôpital de Voiron est connu, « toute la région de l’Isère est en grande difficulté », s’alarme Didier Legeais, vice-président du syndicat des médecins de l’Isère.

France Bleu Isère : Les exemples se multiplient en France d’hôpitaux qui se mettent déjà en mode dégradé. On en est où en Isère ?

Didier Legeais : En Isère, comme dans toute la France, il y a beaucoup de difficulté à gérer les soins, surtout la nuit. Aujourd’hui, tous les services de garde, du Nord-Isère à Grenoble et Sud-Isère ont de grandes difficultés à avoir un horaire complet. Il nous manque entre 30 et 60 % de personnel médical médical, mais nous manquons aussi d’infirmières. Et cette souffrance s’étend aussi aux blocs opératoires. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas continuer de telles activités chirurgicales avant la crise.

Et cela veut dire quoi « Mode dégradé » ? C’est notamment l’exemple de Voiron, avec des urgences qui ferment la nuit ?

Là. « Mode dégradé » signifie qu’il y a un secteur téléphonique où il n’y a plus de médecins dans cette zone et que le Samu va se retrouver en première ligne pour gérer les appels et les trier. Nous allons régler toutes les urgences importantes, ou en cela, l’équipe du SAMU va s’occuper des urgences importantes pour qu’il n’y ait pas de décès. Et puis les autres, attendront 8 heures, 24 heures ou 36 heures avant d’être opérés, avant d’être vus par un médecin, car le système explose.

Et ça, on en parle à Voiron, mais il y a des situations similaires ailleurs ? Vous craignez que ça s’étende cet été ?

Voiron est en difficulté, le groupe hospitalier mutualiste est en difficulté, l’hôpital de Bourgoin est en difficulté… On peut donc dire que toute la région de l’Isère est touchée. La nuit, de nombreux secteurs de la tâche où des médecins plus libéraux effectuent déjà la tâche. Cela signifie que les maternités, les services d’urgence risquent de fermer cet été. Je l’avais déjà annoncé en octobre quand j’avais dit qu’il n’était pas judicieux de rouvrir la station de ski car il y avait des problèmes de gestion des urgences traumatologiques. certaines personnes ont attendu huit ou dix jours avant d’être opérées pour des fractures du plateau tibial. Grâce au travail colossal réalisé par tous les orthopédistes de l’agglomération, nous avons réussi à encaisser un coup. Là, aujourd’hui, on n’en prendra pas un coup, car pas de médecins et l’accès aux spécialistes sera quasiment impossible.

Comment on explique cette situation juste après une crise sanitaire qui a pointé justement le manque de moyens ? Le gouvernement a fait le Ségur. Ça n’a pas d’impact ?

Le gouvernement n’est pas responsable de cette situation. Bien sûr, vraiment, c’est une bonne chose. Après cela, le monde de la santé est en crise depuis 25 ans. On argumente qu’avec l’arrêté Juppé, la loi hôpital-malade-aire-santé de Roselyne Bachelot, etc…

C’est très simple : on a eu deux fois plus de patients, parce que le « baby boom » de 1945 sera le « grandfather boom » de 2025. Et avec ça, on l’a déjà dit. Ensuite, les médecins retraités actuels, qui sont 8 500 par an, sont remplacés par la promotion de 3 500 médecins. Alors les médecins maintenant – absolument – ne veulent pas travailler plus de 45 heures par semaine dans un pays où tout le monde veut travailler 35 heures. Les médecins retraités travaillent maintenant 80 heures par semaine. Les praticiens de l’hôpital travaillent 48 heures par semaine et maintenant, les jeunes médecins veulent travailler 35 ou 40 heures. Vous avez donc deux fois plus de patients, deux fois plus de médecins qui travaillent à mi-chemin.

Alors qu’est ce qu’on fait maintenant ? La Fédération Hospitalière de France demande au gouvernement de rétablir l’obligation de garde pour les professionnels de la médecine, les médecins libéraux notamment. Vous en pensez quoi ?

Je pense qu’ils n’ont rien compris. Nous avons été battus pendant 30 ans, 30 ans de conditions de travail inacceptables. Depuis 30 ans, les médecins proposent des solutions qui ont été rejetées par les gouvernements successifs. Pendant la crise du Covid, soignants, médecins, infirmiers se sont rendus en première ligne, trouvant des solutions pour sauver le pays. Maintenant, si l’ARS et le gouvernement pensent qu’en nous tapant sur la tête, en rendant la garde d’enfants obligatoire, ils résoudront le problème, peut-être… mais ça ne suffit pas. Les conditions de travail au service des urgences ne sont pas acceptables pour recevoir des patients. Les médecins ne veulent plus travailler, les infirmières nous guident, la situation au bloc opératoire est difficile et maintenant, notre personnel médical, notamment les infirmières, gagnent entre 15 et 16 euros de l’heure, donc ils partent pour faire autre chose. .hal. Les retrouver, les ramener, ce serait compliqué.

Et pour espérer former de nouveaux personnels, je rappelle qu’il faut près de cinq ans pour former des infirmiers opérationnels et il faut près de quinze ans pour former des secouristes opérationnels. Alors on a volontairement réduit le système pendant 25 ans, le système est tombé en panne. Je pense que ça tombera cet été et ce sera très difficile. La France va se réveiller avec la gueule de bois. Le système de santé français est malade depuis 25 ans.

Dernière question : vous êtes ce matin avec un masque dans le studio. Le Covid n’est pas derrière nous ?

Le Covid est toujours là et la grippe est toujours là, donc je porte constamment un masque pour ne pas tomber malade et l’éviter aux autres. J’encourage vos lecteurs à porter un masque dans les transports en commun notamment, ou dans les espaces de restauration fermés également. Le Covid n’est pas perdu.