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Le mode de navigation privée de Chrome est au centre d’une controverse en raison de la faible protection contre le suivi qu’il offre. Même les employés de Google ne sont pas convaincus par l’outil.

Google Chrome

Google Chrome, le navigateur multiplateforme le plus populaire du Web. Ouvrez autant d’onglets que vous le souhaitez, connectez-vous à votre compte Google pour synchroniser votre navigation, vos favoris et vos mots de passe.

La « navigation privée » de Google Chrome n’est pas si privée. Personne ne le sait mieux que les employés de Google eux-mêmes car, comme le montrent des documents obtenus par Bloomberg, ils se moquent régulièrement de la faible protection offerte par cette option.

Une navigation pas si privée

Embarqué dans un procès qui pourrait lui coûter des milliards de dollars, Google a tout intérêt à rendre la navigation privée de Chrome « vraiment privée », admet Lorraine Twohill, responsable marketing de Google, dans un e-mail à Sundar Pichai. « Il faut arrêter d’appeler ça navigation privée et d’utiliser une icône espion », suggérait un autre employé en 2018. Bien conscient des limites de cette option, un Googleur, autrement dit employé du moteur de recherche Google, s’est même proposé de changer le icône d’espionnage à celle de Guy Incognito, un personnage des Simpsons entièrement calqué sur Homer mais avec une petite moustache. Un chiffre qui « reflète le niveau de confidentialité offert [par le mode de navigation privée de Google Chrome] », plaisante le responsable.

La navigation privée de Chrome est moins confidentielle qu’on ne le pense © Sopa Images – Getty

La navigation privée de Chrome est moins privée que vous ne le pensez.

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Le mode de navigation privée de Google Chrome n’empêche pas les réseaux publicitaires de vous suivre sur le Web. Plus précisément, ce mode empêche votre ordinateur de se souvenir de votre historique de navigation, mais votre adresse IP peut toujours être enregistrée. Cela permet aux éditeurs du site et à Google de continuer à collecter des informations personnelles sur les internautes qui l’utilisent. « Nous sommes limités dans la façon dont nous pouvons promouvoir la navigation privée car ce n’est pas vraiment privé. Ça nous oblige à utiliser un langage vague et des faux-fuyants », se plaint Lorraine Twohill dans le même mail au PDG de Google.

Google s’estime transparent sur le sujet

Au cœur du litige se trouve le petit message d’information que Chrome affiche lors de l’ouverture d’un onglet déguisé. Pour Google ce message est « clair sur le fonctionnement et l’utilité du système [navigation privée] » alors que, selon certains salariés, la présentation faite de l’outil est trompeuse, obligeant les internautes à cliquer sur un lien « En savoir plus » pour comprendre le fonctionnement de l’outil. Une étude citée dans l’un des mails dénichés par Bloomberg explique même que 56,3% des internautes interrogés estiment que la navigation privée empêche Google de tracer leurs activités. Ce n’est pas le cas.

Il appartiendra au juge Yvonne Gonzalez Rogers (la même qui a traité l’affaire Fortnite vs Apple) de déterminer si la communication de Google est trompeuse et si l’action collective commencée il y a des mois peut ensuite se poursuivre. En attendant, si vous voulez vraiment naviguer le plus anonymement possible, le mieux est d’utiliser le réseau Tor.

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