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La tendance est là. Après Motorola, Xiaomi lance le smartphone 12T Pro équipé d’un capteur photo principal de 200 MP. Un record déterminant, mais pour quels résultats ? Nous avons mené les recherches dans nos laboratoires.

Comment fonctionne le tableau des prix

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La course aux mégapixels n’est certainement pas terminée. Alors que même Apple a succombé à la tendance en troquant son traditionnel capteur 12MP pour une version à 48 millions de points sur ses iPhone 14 Pro et 14 Pro Max, d’autres constructeurs se livrent une guerre totale aux photos. et regroupement de pixels. Car proposer des capteurs de très, très haute définition, c’est extraire des images particulièrement lourdes (plus de 50, voire 60 Mo dans nos tests), mais aussi risquer de n’utiliser que de très petits sites photo, peu à l’aise en basse lumière. Bref, pour tirer le meilleur parti de ce genre de capteurs, il faut combiner plusieurs pixels en un seul, un exercice que presque tous les fabricants font de nos jours.

A gauche le Xiaomi 12T Pro ; à droite le Motorola Edge 30 Ultra.© Les Numériques

A gauche le Xiaomi 12T Pro ; à droite, le Motorola Edge 30 Ultra.

Dans le cas de Xiaomi, qui vient d’officialiser son prometteur 12T Pro, 16 pixels doivent être fusionnés en un seul afin d’offrir à l’utilisateur des enregistrements de 12,5 Mpx. Car le capteur à 200 millions de points, d’une taille de 1/1,22 pouce, affiche nativement de très petits pixels de 0,64 µm. Grâce au binning de pixels 16 en 1, il vise à simuler des pixels de 2,56 µm.

On dirait que vous connaissez la chanson ? Vous voyez, car il y a quelques semaines un autre constructeur officialisait un smartphone avec un capteur identique : le Motorola Edge 30 Ultra. Équipé du même capteur Isocell HP1 signé Samsung et du même pixel binning, ce smartphone mise cependant sur un objectif différent (grand-angle f/1.9), quand le 12T Pro évoque un objectif à huit éléments avec une ouverture plus large. grande à f/1.69.

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Les deux smartphones diffèrent sur ce point matériel, mais pas seulement : il ressort clairement de la qualité de leur traitement logiciel que les deux appareils peuvent faire la différence. A noter également que Xiaomi, partenaire de Leica depuis quelques mois, n’évoque aucune collaboration avec le spécialiste allemand de la photographie : il ne s’agit pour l’instant que du Xiaomi 12S Ultra, dont nous avons décrit ici les performances.

On remarque immédiatement que Xiaomi fonctionne différemment de Motorola. Il propose un mode 12,5 Mpx, un autre qui profite des 200 Mpx de son capteur, ainsi qu’un mode intermédiaire qui permet d’obtenir des images de 50 Mpx grâce à un binning pixel 4 en 1. Pour ce faire, vous devez accéder à la section Plus de l’appareil photo, puis choisir Ultra HD – il est par défaut à 50MP et avec un simple bouton, vous pouvez l’augmenter à 200MP. Motorola, quant à lui, donne le choix entre 12,5 et 200 MP.

Le match des photos en 12,5 Mpx

Les deux smartphones délivrent des images radicalement différentes. Le modèle Xiaomi opte pour un affichage très clair et une colorimétrie très vive. Mais lorsque le tout est attrayant sur le petit écran d’un smartphone, il manque le point de véracité. En regardant l’ensemble de nos nuanciers, nous remarquons également que certains d’entre eux souffrent de désaturation des couleurs.

En dehors de ces considérations, on note le haut niveau de détail dans les clichés des deux smartphones, mais aussi le comportement différent. Le modèle Xiaomi, probablement grâce à une optique plus performante, offre bien plus de piqué en bordure d’image, mais aussi moins de distorsion. La netteté des petits éléments de notre scène de test est inégalement répartie, certains plus nets chez Motorola, d’autres plus nets chez Xiaomi. Néanmoins, on note que le traitement de Motorola, qui repose sur la mise en évidence, offre généralement plus de lisibilité, sinon naturellement.

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Aucun des deux smartphones ne parvient vraiment à convaincre la nuit, du moins avec leurs enregistrements de 12,5 Mpx. Cela dit, la tendance à l’overdrive de l’Edge 30 Ultra est encore plus apparente la nuit. Le Xiaomi 12T Pro délivre un cliché certes moins bien exposé, mais aussi moins bruyant et avec un traitement plus doux. À notre avis, l’ensemble est un régal pour les yeux.

Le match des photos en 200 Mpx

Dois-je passer en mode 200MP ? Dans le cas du Motorola Edge 30 Ultra, lors du test, nous avons signalé une latence d’environ 2 s séparant l’appui sur le déclencheur de la capture d’image, ce qui favorise le flou de bougé. En revanche, on ne regrette aucun souci du genre sur le modèle Xiaomi, qui rend le mode 200 Mpx plus utile. Il n’en reste pas moins que les images pèsent généralement plus de 50 Mo, ce qui peut vite grever un espace de stockage de 128 ou 256 Go…

On voit des différences sur les photos des deux smartphones. Comme en 12,5 Mpx, le modèle Xiaomi mise sur une image très exposée, avec du bruit numérique intégré et des couleurs très vives. La distorsion est imperceptible, mais on note que le traitement est moins efficace sur des éléments comme les caractères de texte. En revanche, l’image est plus homogène que celle du Motorola, qui autorise certaines zones floues dans toutes les parties de l’image, mais parvient à offrir une représentation plus nette des contours grâce au fameux contraste.

Et la nuit ? Pour le coup, la maniabilité de Xiaomi est meilleure que celle de son concurrent. Les couleurs sont mieux restituées, les petits éléments sont moins déformés et le lissage, par exemple sur la crinière du lion, est moins perceptible. De petits artefacts assombrissent néanmoins l’image, nous amenant à déconseiller l’utilisation de ce mode dans des conditions de faible luminosité.

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Des capteurs de 200 Mpx pas si aisés à maîtriser

La comparaison des clichés du Motorola Edge 30 Ultra et du Xiaomi 12T Pro montre que maîtriser les capteurs 200 Mpx prend du temps. A l’heure où les constructeurs commencent tout juste à apprivoiser ceux de 108 Mpx, le passage à des résolutions quasiment doublées pose des difficultés à ceux qui osent se jeter les premiers dans l’arène.

En effet, le modèle Xiaomi a le mérite d’une activation rapide et d’une optique de bonne qualité, permettant à ceux qui choisissent de l’utiliser de prendre des photos nettes. En revanche, le traitement qu’il applique aux images favorise une colorimétrie beaucoup trop saturée et a du mal à retranscrire certains éléments de l’image.

Avec Motorola, les problèmes sont différents, mais visibles : les contrastes sont exagérés, l’optique admet une distorsion périphérique et des parties de la scène sont floues. Enfin, ces capteurs très définis nous laissent d’autant plus perplexes que, comme l’avait expliqué notre article consacré à l’Edge 30 Ultra, le pixel-binning 16-en-1 ne surclasse pas forcément le 4-en-1.

À la lumière de ces faits, force est de constater qu’à ce jour les smartphones qui utilisent des capteurs très bien définis jouent essentiellement avec les ressources marketing pour mieux impressionner les acheteurs potentiels à l’aide de « gros » chiffres.

Quoi qu’il en soit, pour vous recommander ces modes 200 MP, nous attendons que Xiaomi et Motorola déploient des mises à jour pour smartphones, ou que des concurrents se lancent pour atteindre leur plein potentiel. Et si vous souhaitez obtenir une image en très haute définition sur le 12T Pro, mais sans obtenir de fichiers démesurément volumineux, vous pouvez essayer d’activer le mode Ultra HD en 50 Mpx. Avec un pixel binning visiblement mieux maîtrisé qu’en 12,5 Mpx, c’est un bon compromis entre les capacités de recadrage et le poids de l’image.

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