Lorsque l’on souffre d’insomnies dues au stress, la tentation est grande de se tourner vers les benzodiazépines. Cependant, ces médicaments présentent un risque important d’accoutumance. Conseils du psychiatre et du thérapeute pour réduire l’anxiété (et mieux dormir) sans utiliser de « benzos ».

Certes, la pandémie de COVID-19, les restrictions et l’émergence constante de nouveaux types ont eu un effet psychologique sur tout le monde. Et comme le montre l’enquête CoviPrev lancée en 2020 par Santé Publique France pour suivre l’évolution des comportements et de la santé mentale de la population, les états de stress et les troubles liés au sommeil touchent de plus en plus de personnes.

Pour faire face, surtout en cette période de dépression saisonnière, la tentation est grande de se tourner vers les benzodiazépines, certains anxiolytiques (Xanax, Lexomil, Tranxene, Seresta, etc.) ou d’autres hypnotiques (Stilnox, Noctamide ou Havlane).

Or, comme le précise le Dr Guillaume Airagnes, psychiatre à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, « ces médicaments provoquent bon nombre d’effets indésirables ». Même s’il n’est délivré que sur ordonnance, « de nombreux patients pratiquent quand même l’automédication.

Ce qu’il faut savoir quand on prend des benzodiazépines

Les benzodiazépines sont certes utiles dans certaines manifestations d’anxiété et réactions sévères, par exemple après un deuil ou une séparation, mais « dans tous les cas, il faut que ce soit dans des situations précises et passagères et les benzodiazépines ne doivent pas être directement prescrites : d’autres stratégies de traitement aux effets négatifs peuvent être utilisées, comme la thérapie cognitivo-comportementale ou les pratiques de relaxation », précise notre expert.

Si votre médecin vous prescrit des benzodiazépines, soyez conscient des dangers : ne conduisez pas et faites attention aux signes d’addiction. « Les patients ne se sentent souvent pas dépendants, car tous n’ont pas besoin d’augmenter la dose et parce que, lorsqu’ils arrêtent temporairement leur traitement, les symptômes de sevrage sont similaires aux symptômes du traitement : leur anxiété augmente, ils dorment mieux. , et puis ils apprécient l’idée que leur médecine est efficace et nécessaire », a déclaré le psychiatre. Gardez à l’esprit l’idée qu’il s’agit d’un traitement ponctuel dont l’arrêt est prédictif du début du traitement.

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>> Conseil important : respectez l’étiquette pour laquelle ces médicaments sont fabriqués : les benzodiazépines ne traitent pas l’anxiété chronique ni l’insomnie. Ils ne sont pas non plus efficaces contre la dépression et peuvent aggraver certains symptômes.

Comment se passer des somnifères ?

Contrairement à d’autres substances addictives, il n’existe pas d’alternative thérapeutique pour cette classe de drogues. Cependant « si vous prenez plusieurs benzodiazépines, votre médecin pourra par exemple vous proposer de remplacer d’abord ces différents traitements par une seule molécule, pour stabiliser votre consommation », précise le Dr Airagnes. La posologie sera alors progressivement diminuée. « Cela peut prendre quelques semaines, voire quelques mois », précise le psychiatre.

Si des symptômes de sevrage apparaissent, n’hésitez pas à en parler à votre médecin : il pourra vous proposer de ralentir le sevrage en revenant au palier supérieur. Profitez-en aussi pour améliorer votre hygiène de vie (alimentation saine, augmenter ou reprendre une activité physique) et être responsable d’autres comportements addictifs comme le tabagisme.

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