– Modifié le 13/10/2022 à 11:55

Antoine-Marie Izoard : Nous appliquons les règles du bon sens en matière de sobriété Durée : 3 min

Parallèlement à la guerre en Ukraine, la France vit un choc énergétique. Et comme dans les années 1970, après les chocs pétroliers de 1973 et 1978, le gouvernement tente de convaincre la France de limiter sa consommation d’énergie. Dès lors, le gouvernement répète partout le même mot : c’est « Sobriété ».

Parallèlement à la guerre en Ukraine, la France vit un choc énergétique. Et comme dans les années 1970, après les chocs pétroliers de 1973 et 1978, le gouvernement tente de convaincre la France de limiter sa consommation d’énergie. Dès lors, le gouvernement répète partout le même mot : c’est « Sobriété ».

Antoine-Marie Izoard, directeur éditorial de Christian Family ©DR

Quel est ce nouveau mot à la mode chez nos politiciens ?

Ce mot à la mode est le mot sobriété. Il faut croire que « quoi qu’il en coûte » la crise sanitaire est bel et bien derrière nous, morte et enterrée. Alors laissez place à la sobriété, à la modération, à la modération. Nous ne nous plaindrons pas ! En fin de semaine dernière, le gouvernement a présenté son plan de mobilisation des Français sur les économies d’énergie pour tenter de limiter les conséquences de la hausse des prix et les risques de pénurie. Le ministre de l’Economie, le Premier ministre, et désormais le chef de l’Etat, nous exhortent donc tous à la « sobriété énergétique ».

Et comme si le mantra répété à l’infini ne suffisait pas à l’approche d’un hiver dangereux sur fond de conflit à l’Est, la communication vestimentaire est en marche. Tout le monde a vraiment montré ses cols roulés. Même Emmanuel Macron s’adressant à la nation avec un pull à col roulé bien visible sous son élégante veste de costume : l’exemple vient d’en haut ! En plus, ce que la maman n’a pas jeté à son enfant, grelottant de froid en T-shirt au cœur de l’hiver, un courageux et un peu désespéré : « Alors mets un pull ! ? Mais le code vestimentaire devrait-il venir du plus haut niveau de l’État aujourd’hui ? La raison la plus fondamentale semble s’être perdue en cours de route et le col roulé qui gratte a été élevé au rang de vie.

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Pour quelle raison les Français vont-ils devoir ressortir les pulls cet hiver ?

Oui, car les mêmes dirigeants nous incitent à baisser le chauffage, à baisser notre facture bien sûr, mais surtout les dépenses énergétiques du pays. On nous dit avec une grande communication qu’il ne fera pas plus de 19°C dans les ministères.

Très bien… mais on dirait la France avec la mémoire courte. Souvenez-vous : à l’époque de la « chasse aux ordures », lors des deux chocs pétroliers de 1974 et 1979, la loi imposait une température maximale de… 19 °C dans les habitations et les administrations publiques. Ce règlement est toujours en vigueur, il est évidemment oublié. On a aussi oublié qu’en un siècle le confort personnel est devenu plus confortable avec le chauffage central. L’historien Renan Viguié, auteur d’une thèse intitulée « Le chauffage en France au 20e siècle », rappelait récemment dans les colonnes de nos confrères du Parisien que la température alors jugée « confortable » dans les pièces à vivre était entre 15 et 17°. C. Ces températures, polaires pour certains Français consolés dans le confort, mais habituelles pour beaucoup d’autres à la fin de mois difficiles, étaient préconisées dans les manuels d’économie domestique et d’éducation dédiés aux filles dans l’entre-deux-guerres.

Un regard en arrière pour affronter le futur

Loin d’être nostalgique du passé, un simple retour à la raison serait déjà source d’économies considérables. « C’est le jeûne qui fait du saint, assurait Jules Renard, et la sobriété, l’homme de bon sens. » Alors appliquons quelques règles de bon sens tirées de la sagesse de nos ancêtres et prenons à cœur que la simplicité et la sobriété permettent un plus grand partage dans notre société. Sans avoir à mettre les ministres qui remplacent nos mères devant le pull ou le thermostat de la chaudière !