Par Marjorie Ansion – perigueux@sudouest.frPublié le 19/10/2022 sur 21h39.

Les deux Polonais ont loué des propriétés qu’ils ne possédaient pas puis ont annulé les réservations des vacanciers sans les rembourser

USA, Allemagne, Belgique, Hollande… Leurs victimes venaient du monde entier. Deux Polonais, en couple au moment des faits, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Périgueux mercredi 19 octobre. La femme de 50 ans et l’homme de 55 ans ont été alertés de 16 escroqueries impliquant…

USA, Allemagne, Belgique, Hollande… Leurs victimes venaient du monde entier. Deux Polonais, en couple au moment des faits, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Périgueux mercredi 19 octobre. La femme de 50 ans et l’homme de 55 ans ont été alertés de 16 arnaques à la location immobilière entre décembre 2015 et janvier 2016. Trois d’entre elles ont eu lieu à Cannes sur la Côte d’Azur et les 13 autres en Dordogne, à Saint-Quentin-du-Dropt (commune d’Issigeac) et Grignols.

Comment travaillent-ils? Des vacanciers ont réservé un appartement mais leur location a été annulée quelques jours avant leur arrivée pour « raisons familiales graves ». Dans d’autres cas, l’appartement « n’existait pas ». Il est même arrivé qu’un même bien soit loué à la même date à différentes familles. Dans les 16 chefs d’accusation, aucune restitution n’a été faite. Le préjudice total est estimé à environ 43 700 euros.

Pourtant, des photos ont été postées sur des sites de location bien connus, comme Airbnb, et des contrats ont été signés… Bref, tout indiquait que ces offres étaient sérieuses.

Pas propriétaire des biens

Dans cette histoire complexe, il faut d’abord parler de sous-location et non de location, puisque le couple n’était pas propriétaire du bien en question.

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De plus, chaque contrat et chaque compte bancaire portent un seul et même nom : celui de la compagne, Lucyna Ozog. L’homme, Piotr Piegza, n’avait a priori aucun papier d’identité au moment des faits. Et Lucyna Ozog assure ne pas être au courant des faits de l’escroquerie : elle dit n’avoir fait qu' »emprunter » son nom sans jamais s’immiscer dans les affaires financières. « Je n’avais même pas ma carte bancaire en poche, c’était lui qui s’en occupait », ajoute-t-elle. Je lui ai fait confiance. Une version que Piotr Piegza confirme : « C’est entièrement de ma faute. »

Vie « luxueuse »

Les deux Polonais justifient ces « sous-locations » comme un moyen de payer leurs arriérés alors que leurs dettes s’accumulent. Mais le président du tribunal évoque au contraire un style de vie « luxueux » : sac Louis Vuitton, téléphone Prada, lunettes de soleil Gucci, location de voiture haut de gamme…

Le procureur décrit « une arnaque élaborée » évoquant les différentes identités données par Piotr Piegza ou l’argent des « locations » liées au compte bancaire de la mère de sa compagne. « Ils payaient de temps en temps les victimes, de temps en temps leur loyer… et à un moment ça casse », résume Julien Heuty. En 2016, les deux prévenus avaient déjà purgé quatre mois de prison.

Ils ont tous deux été reconnus coupables. Lucyna Ozog a été condamnée à 12 mois, dont huit avec sursis de trois ans, avec obligation de travailler et de réparer les dégâts. Piotr Piegza a été condamné à 18 mois de prison dont 14 avec sursis de trois ans, auxquels s’ajoutent l’obligation de travailler et de réparer les dégâts, ainsi que l’interdiction d’exercer ou de diriger une profession commerciale ou industrielle.