PortraitAprès des années passées chez Sonia Rykiel, Dior et Carven, le créateur crée sa propre marque, 13 09 SR, à l’été 2021. Dans un premier temps, il concentre ses collections sur les chaussures et les lunettes de soleil.

Ce jour de décembre 2022, à la tombée de la nuit, Serge Ruffieux nous accueille dans son nouveau bureau du 10e arrondissement de Paris. Assis à sa table de travail, jouant avec un ruban, le créateur semble comblé. « C’était le bon moment », a-t-il déclaré. De nombreux créateurs de mode lancent d’abord leur marque avant de rejoindre un grand nom du luxe. Serge Ruffieux, lui, a pris le chemin inverse. Après un parcours sans faute, pendant plus de vingt ans, chez Sonia Rykiel, Dior ou Carven, le créateur a décidé il y a un an et demi de fonder sa propre griffe avec l’ancienne journaliste de mode Emilie Faure.

Pourtant, il bottait systématiquement en touche lorsqu’on lui demandait s’il était tenté par l’aventure entrepreneuriale. « Mais, au fond de moi, j’ai toujours pensé qu’un jour je créerais quelque chose à mon nom. Cependant, je ne voulais pas le faire seul. Ma rencontre avec Emilie, mon pygmalion, a été le déclic », raconte la créatrice.

« On pensait qu’il y avait déjà trop de vêtements sur le marché et puis je commence toujours par dessiner les extrémités d’une silhouette, la tête et les pieds. »Serge Ruffieux

C’est ainsi qu’à l’été 2021, 13,09 SR est né. La marque, qui se concentre sur les chaussures et les lunettes de soleil, porte le nom du jour et du mois de naissance de Serge Ruffieux ainsi que de ses initiales, « comme un numéro d’immatriculation ». « On pensait qu’il y avait déjà trop de vêtements sur le marché et puis je commence toujours par dessiner les extrémités d’une silhouette, la tête et les pieds, avant de passer aux proportions. Il était donc naturel pour moi de me concentrer sur ces deux catégories d’accessoires. Avec un facteur non négociable : le confort. Donc plat pour les chaussures.

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Chics et déjantés

Passionné de chaussures de conduite, ces chaussures conçues pour la conduite de voitures de course, très en vogue à la fin des années 1960, il équipe ses modèles d’une semelle à crampons en caoutchouc, qui leur donne un look tout-terrain décontracté. « En tant que designer, nous sommes toujours obsédés par certaines constructions que, d’ailleurs, souvent personne ne remarque. Pour moi, c’est la technique du sacchetto [sac, en italien], qui consiste à fabriquer des chaussures ultra-souples qui s’enroulent autour du pied, comme des chaussons. Il les habille ensuite de mini-nœuds, de strass, de cristaux et de tissus torsadés trouvés dans des stocks dormants – dans une logique de récupération et d’upcycling.

Ce qui donne des chaussures très singulières, hybrides, étonnantes et uniques, oscillant entre sportswear et couture. Mocassins léopard submergés de longues franges qui balayent le sol, ballerines du soir à bout pointu reposant sur un talon en gomme aussi confortable qu’une semelle de basket, tongs larges matelassées de peau lainée et ourlées d’un boudin protecteur façon bumper, etc. Ces chaussures chics et folles ne laissent personne indifférent. Quant aux lunettes de soleil (lancées avec l’opticien français Marc Le Bihan), leurs branches sont ajourées et ornées de piercings en métal pavés de mini-cristaux. On peut ajouter des sangles (cordons à nouer) en Néoprène, brodées de perles et de strass.

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