EPIDEMIE DE BRONCHIOITE 2022. L’épidémie de bronchiolite est présente en France en octobre dans les régions Hauts-de-France, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie annonce Santé publique France.

[Mise à jour le 12 octobre 2022 à 15h55] La saison 2022-2023 des bronchiolites a commencé, informe Santé publique France le 12 octobre avec le passage en phase épidémique des Hauts-de-France, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie et le passage en phase pré-épidémique en Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Grand-Est, Guadeloupe, Guyane, Martinique, Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les cas chez les enfants de moins de 2 ans continuent d’augmenter. « Sur les 2.058 enfants de moins de deux ans qui ont été vus aux urgences pour une bronchiolite en semaine 40 (du 3 au 9 octobre), 92% avaient moins d’un an et 32% ont été hospitalisés » précise l’organisme de santé. « La bronchiolite est une maladie infectieuse virale qui touche les petites bronches, les bronchioles », explique le professeur Christophe Delacourt, pneumo-pédiatre à l’hôpital Necker. La maladie se définit par un épisode aigu d’inconfort respiratoire (séquence de rhinite suivie de signes respiratoires : toux, sifflements et/ou crépitements, avec ou sans polypnée et/ou signes de difficultés respiratoires) à tout moment de l’année. Quels sont les signes avant-coureurs de la bronchiolite ? que faites-vous Quand t’inquiètes-tu ? Quels sont les risques d’hospitalisation ? Combien de temps cela prend-il?

Qu’est-ce qu’une bronchiolite ?

« La bronchiolite est une maladie infectieuse virale qui touche les petites bronches, les bronchioles », explique le professeur Christophe Delacourt, pneumo-pédiatre à l’hôpital Necker. La maladie se définit par un épisode aigu d’inconfort respiratoire (séquence de rhinite suivie de signes respiratoires : toux, sifflements et/ou crépitements, avec ou sans polypnée et/ou signes de difficultés respiratoires) à tout moment de l’année. En France, elle touche chaque hiver 30 % des bébés de moins de 2 ans ; 2 à 3 % des enfants de moins d’un an sont hospitalisés chaque année pour une bronchiolite sévère.

Quel est le virus responsable de la bronchiolite ?

Le terme « bronchiolite » regroupe toutes les bronchiolites obstructives dues à différents virus, mais le virus respiratoire syncytial (VRS) est le plus fréquent (60 à 75 % des bronchiolites) et celui qui provoque la bronchiolite chez le nourrisson : avant il -2 ans, plus plus de 9 ans sur 10 enfants ont été en contact avec ce pneumovirus. La bronchiolite à VRS est particulièrement sévère. Le risque d’hospitalisation est plus élevé que dans les autres bronchiolites.

Combien de temps dure la bronchiolite ?

Selon Santé publique France, dans la majorité des cas, la bronchiolite guérit spontanément au bout de 5 à 10 jours mais la toux peut persister 2 à 4 semaines.

Jusqu’à quel âge peut-on attraper la bronchiolite ?

La bronchiolite est une pathologie virale qui touche environ 500 000 enfants de 0 à 2 ans chaque année, avec un pic entre 3 et 6 mois. Elle touche spécifiquement les jeunes enfants, ce qui s’explique par le fait que leur système immunitaire est encore en développement. On estime que presque tous les enfants de moins de deux ans contracteront ce virus et qu’un tiers d’entre eux développeront une bronchiolite. « Le VRS représente à lui seul la moitié des bronchiolites. L’autre moitié sera imputable au VRS associé à un autre virus, ou à un autre virus seul », explique-t-il. Les adultes et les enfants plus âgés porteurs du virus respiratoire syncytial ne présentent généralement aucun symptôme ou sont simplement enrhumés.

► 30% des bébés de moins de 2 ans sont touchés chaque hiver

► 2 à 3 % des bébés de moins d’un an sont hospitalisés chaque année pour une bronchiolite sévère

Quelles sont les causes de la bronchiolite ?

Le terme « bronchiolite » regroupe toutes les bronchiolites obstructives dues à différents virus, mais le virus respiratoire syncytial (VRS) est le plus fréquent et celui qui provoque la bronchiolite du nourrisson : avant l’âge de 2 ans, plus de 9 enfants sur 10 ont entrer en contact avec ce pneumovirus. « Le calibre des bronchioles des bébés est très petit. L’infection virale va affecter la paroi de ces bronchioles, provoquant une réaction inflammatoire, un œdème de la paroi et une hyper-sécrétion conduisant à l’obstruction de ces bronchioles. Cette obstruction est plus facile puisque la Le calibre de ces bronchioles est naturellement petit », explique le professeur Delacourt. De plus, le nourrisson a des bronches légèrement plus étroites que celles d’une fille, ce qui explique qu’il soit plus régulièrement atteint. « A partir du moment où les bronchioles sont obstruées, la distribution des l’air dans les poumons est hétérogène, ce qui provoque une respiration sifflante », ajoute-t-il.

La kinésithérapie respiratoire n’est plus recommandée pour le traitement de la bronchiolite chez l’enfant de moins de 12 mois.

Quels sont les symptômes de la bronchiolite ?

« Les premiers signes d’une infection virale sont un nez qui coule et une légère toux. Puis une gêne respiratoire plus ou moins importante va progressivement s’installer, et ce sifflement est assez caractéristique », détaille le praticien. Ceci est suivi d’une toux épaisse et productive, et d’une diminution de l’apport alimentaire causée par des difficultés respiratoires. En plus de ces signes digestifs, l’enfant peut présenter de l’irritabilité, de la fatigue et une fièvre modérée. Une toux légère isolée peut être observée jusqu’à 4 semaines. « Dès l’apparition de ces symptômes, consultez votre médecin traitant ou votre pédiatre de proximité » recommande le réseau bronchiolite Ile-de-France.

Est-ce contagieux ?

La bronchiolite est une maladie virale très contagieuse. Le VRS se transmet facilement, soit par contact direct, par les sécrétions respiratoires, soit par transmission indirecte : mains, jouets, vêtements… Le rhume chez l’enfant et l’adulte peut provoquer une bronchiolite chez le bébé. Le lavage des mains est essentiel.

La bronchiolite est généralement facilement diagnostiquée par l’examen physique d’un médecin, sans qu’il soit nécessaire de passer des tests supplémentaires. « Le médecin va rechercher des signes qui nécessitent une éventuelle surveillance à l’hôpital, pour savoir si la bronchiolite peut être traitée facilement à domicile », conclut-il.

Quels sont les traitements de la bronchiolite ?

La bronchiolite du nourrisson évolue naturellement vers une guérison en moyenne en 10 jours. « C’est une infection virale, il faut donc se limiter à des mesures symptomatiques, et attendre que l’infection passe et que les bronches se réparent. Il n’y a pas de traitement spécifique pour cela », explique le pédiatre. Dès l’apparition des symptômes, vous devez consulter votre médecin ou votre pédiatre.

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► Les formes bénignes ne nécessitent pas d’hospitalisation, rappelle la Haute Autorité de Santé : le médecin de premier recours (médecin généraliste, pédiatre, PMI, etc.) explique la technique du lavage de nez aux parents et les conseille pour suivre l’évolution de leur l’état de santé des enfants afin qu’ils sachent comment réagir en cas de signes avant-coureurs.

► Les formes modérées font l’objet d’une évaluation qui peut orienter les nourrissons vers des soins en ville ou, au cas par cas, à l’hôpital.

► Les formes sévères sont immédiatement dirigées vers l’hôpital et si nécessaire vers un service de réanimation. Les très jeunes enfants de moins de 6 semaines font également l’objet d’une surveillance systématique à l’hôpital.

Pour soulager le jeune patient, il faut :

Les techniques traditionnelles de kinésithérapie respiratoire telles que le clapping ou la vibration par exemple sont contre-indiquées par la HAS. « La technique d’augmentation du débit expiratoire (AGE) n’est pas efficace dans la prise en charge des nourrissons hospitalisés atteints de bronchiolite aiguë, ajoute l’autorité. N’ayant pas non plus démontré son efficacité pour les formes de bronchiolites traitées en ambulatoire, elle n’est donc pas recommandée. »

C’est un geste indolore qui consiste à injecter le sérum dans les narines pour évacuer les sécrétions nasales et apaiser le bébé.

Quels médicaments peut-on donner en cas de bronchiolite ?

Bronchodilatateurs, adrénaline, sérum hypertonique, nébulisation de sérum hypertonique, antibiothérapie systématique… Le traitement médicamenteux n’est pas indiqué dans la prise en charge de la bronchiolite aiguë. L’antibiothérapie doit être réservée aux rares cas de surinfection bactérienne. Les sirops contre la toux et les fluidifiants bronchiques sont absolument contre-indiqués.

La kiné respiratoire est-elle recommandée ?

La kinésithérapie respiratoire n’est plus recommandée dans le traitement des bronchiolites de l’enfant de moins de 12 mois par la Haute Autorité de Santé depuis novembre 2019. Les techniques traditionnelles de kinésithérapie respiratoire comme le clapping ou la vibration par exemple sont même contre-indiquées par la HAS. « L’analyse actuelle de la littérature ne montre pas d’effet bénéfique », justifie-t-elle. Plusieurs études ont montré que la kinésithérapie respiratoire ne réduisait pas la durée d’hospitalisation des nourrissons atteints de bronchiolite. Pour les associations de kinésithérapeutes, leur prise en charge « va bien au-delà du simple drainage bronchique ». « Le kinésithérapeute écoute, évalue et redirige le bébé vers les urgences ou le médecin traitant si besoin. Il rassure et accompagne les parents. C’est un acteur clé de l’éducation à la santé » ont-ils rappelé dans un communiqué. Sans oublier que « la mise en place de réseaux de kinésithérapeutes depuis les années 2000 a permis de réduire significativement le recours aux urgences ». En pratique, la kinésithérapie respiratoire est encore utilisée chez certains enfants atteints de bronchiolite mais plutôt chez ceux pour qui la maladie est moins obstructive.

Quels sont les signes de complication à surveiller ?

Il est nécessaire de surveiller un enfant atteint de bronchiolite surtout les 48 premières heures concernant l’apparition des symptômes respiratoires car c’est la période pendant laquelle tout risque de s’aggraver.

Certains signes, s’ils persistent après le lavage du nez, nécessitent de prendre rendez-vous chez le médecin pour que votre bébé soit à nouveau examiné :

Quand aller aux urgences ?

Vous devez appeler le Samu au 15 ou vous rendre aux Urgences si le bébé :

Quels sont les risques d’hospitalisation ?

La bronchiolite est la première cause d’hospitalisation pédiatrique durant l’hiver. « Les éléments d’inquiétude qui conduiront le médecin à recommander une hospitalisation sont : un déficit nutritionnel important, une gêne respiratoire très importante, ou encore le fait qu’il apparaisse très somnolent et peu actif », prévient le Pr Delacourt. Dans les stades les plus sévères, l’hôpital peut être dans une unité de soins intensifs ou de réanimation. La bronchiolite du nourrisson est une pathologie qu’il convient de prendre au sérieux, notamment chez les très jeunes enfants, et notamment ceux de moins de 6 semaines. Dans ce cas, un traitement hospitalier est nécessaire, « car ils sont plus à risque d’apnée respiratoire », précise le médecin.

Certains enfants plus fragiles sont particulièrement à risque de complications graves de la bronchiolite, comme ceux qui ont d’autres conditions et les bébés prématurés. Pour celles-ci il existe un traitement préventif disponible sur le marché français. Il s’agit d’injections d’anticorps (Palivizumab), qui doivent être administrés mensuellement pendant les deux premiers hivers, et qui protègent contre le VRS. Pour les autres bébés (moins d’un an), un vaccin développé par Sanofi et AstraZeneca, appelé Beyfortus, a été approuvé par l’Agence européenne des médicaments. Non disponible en France pour le moment. Pour l’être, il doit être validé par la Commission européenne et les autorités sanitaires nationales. Enfin, pour tous les enfants, en particulier les enfants de moins de 12 mois, plusieurs suggestions de prévention de la bronchiolite doivent être appliquées.

Quand se termine la bronchiolite ?

« Le virus de la bronchiolite survient à partir de l’épidémie hivernale. Elle débute généralement début novembre et se termine fin janvier. Le pic de l’épidémie est atteint dans la première quinzaine de décembre », précise le -praticien. Une saison type de bronchiolite est à l’origine, chaque semaine, de 5 à 6.000 passages aux urgences pédiatriques et d’environ 2.000 hospitalisations en France, a rappelé le Conseil scientifique du Covid dans un Avis d’octobre 2021.

Remerciements au Pr Christophe Delacourt, Service de Pneumologie-Allergologie – Hôpital Necker-Enfants Malades – AP-HP.

« Situation paisible : quand et comment apaiser ? » Avis du Conseil Scientifique COVID-19 du 5 octobre 2021.

Bronchiolite : rapport de surveillance hivernale 2020-2021. Santé publique française. Mis à jour le 12 août 2021.

Bronchiolite à VRS : une maladie potentiellement grave pour les bébés qui nécessite une vigilance accrue maintenant et tout au long de l’hiver. Communiqué de presse d’Astra Zeneca. 30 septembre 2021.

Prise en charge du premier épisode de bronchiolite aiguë chez le nourrisson de moins de 12 mois. Recommandation de bonnes pratiques – 14 novembre 2019.

Bronchiolite : recommandations HAS mal interprétées. La physiothérapie est importante dans la prise en charge globale de la bronchiolite chez les nourrissons, 14 novembre 2019.